Le slam charme de plus en plus de cœurs en Haïti

Widchy Damestroire, Luckenson Cantave
Widchy Damestroire, Luckenson Cantave

Tant en province que dans la capitale, le slam gagne du terrain en Haïti. Il est reconnu comme une poésie démocratisée déclamée sur fond musical ou non. Les jeunes semblent être les plus conquis par ce mouvement, mais pas seulement…

Le slam commence véritablement à connaitre une vague de popularité en Haïti vers la fin de 2010 et début 2011 nous dit Jonathan J. ALEXANDRE, animateur de l’émission « Slamorap » sur Signal FM (tous les samedis à 6 heures PM). La FOKAL organisait des espaces culturels dédiés au mouvement qui a vu performer des slameurs comme Jacques Adler Jean Pierre. Cependant bien avant 2010, le mouvement prenait déjà forme comme nous l’explique Jonathan. « Le mouvement est avant tout poétique et socio-culturel. C’est d’abord de la poésie en a capella avec la force de la voix, du temps, du rythme, de l’énergie, des gestes et de l’intonation sans musique ni décor, mais aussi sur fond musical » renchérit Jonathan qui est aussi formateur de jeunes slameurs.

Slamer séduit encore le cœur de plus d’un. Loin des micros et des cameras des journalistes, des passionnés du mouvement laissent couler à flot leur inspiration. On les rencontre dans des écoles classiques comme à l’université mais aussi à l’Eglise etc. Ce sont les jeunes, dans la grande majorité des cas qui slament, néanmoins ils écrivent pour un public hétérogène.

Widchy Damestroire, un jeune slameur nous raconte que le slam représente l’autre partie de sa vie après sa famille. « Le slam me permet de vivre. Il me permet de m’exprimer. C’est comme un refuge, lorsque je me sens pensif je m’isole pour écrire. Il devient comme une drogue pour moi. »

Les textes couvrent divers thématiques, comme les problèmes d’Haïti, mais aussi la beauté, l’épopée du pays sans oublier les expériences personnelles. « J’aime écrire sur la beauté d’Haïti nous dit Luckenson Cantave, un autre jeune amoureux du mouvement. Je sens quelque chose de positif lorsque je déclame mes textes en donnant de l’espoir à mes compatriotes. Je crois que Haïti est un beau pays en dépit de tous les déboires que nous connaissons. Nous devons continuer à chanter son charme. Grace au slam, je tombe amoureux de la littérature et je compte continuer sur cette lancée »

Le mouvement a-t-il de l’avenir en Haïti ? Jonathan croit fermement à cela. « Je crois que le slam a beaucoup d’avenir en Haïti c’est pour cela que j’anime mon émission. Je me bats pour que d’autres émissions de slam voient le jour en Haïti. Je travaille avec d’autres collègues pour la formation d’associations de slameurs et collectifs. Mon souci c’est de voir s’étendre le mouvement en Haïti. » conclut Jonathan.

Nous n’avons qu’à espérer que le slam fera grandir davantage l’amour de la littérature chez nos jeunes qui semblent plus en plus aller de cette voie.

Billy