DMKV: Toda Una Vida

Dimanche matin avec Kesnel Vertil

Du Portugais (de la semaine dernière), nous passons à sa cousine d’Espagne, pour un constat différent de celui du rapprochement au Créole. L’Espagnol a cette particularité d’être truffée de voyelles, toutes sonores. Cela ajoute déjà un plus à la musicalité des chansons.

Il se trouve aussi que les phrases espagnoles comportent souvent plus de syllabes que leurs équivalentes créoles, françaises ou anglaises. Il arrive tout aussi souvent que des syllabes soient nombreuses par rapport aux espaces prévus pour les contenir. Un exemple clair me vient à l’esprit dans le “Happy Birthday My Darling” de Nelson Ned avec le membre de phrase “El aniversario de este nuevo amor”. On se tord la langue en essayant de garder la synchronisation paroles-musique. Il faut reconnaître que ceci peut arriver dans d’autres langues, moins souvent peut-être. Dans son classique “Fragile”, Sting nous impose une acrobatie du genre dans la phrase “Perhaps this final act was meant to clinch a lifetime’s argument”.

J’ai le sentiment que cette particularité des chansons espagnoles leur apporte plus de substance, plus de corps, du genre de sensation gustative d’un liquide visqueux. Pour revenir au champ de nos chants, je dirais comme de multiples variations de percussions entre deux notes rapprochées.

Notre chanson espagnole de ce matin nous vient de Cuba, avec la voix de Antonio Machin, celui-là qui a chanté “El Manisero” en 1930. Un succès remarquable interprété par plus de 160 artistes, dont beaucoup d’Haïtiens, notamment le fameux Boulo Valcourt, dans son projet HAITIANDO (CubAyiti), sous la traduction de “Machann Pistach”.

Nous allons apprécier la voix de Antonio Machin dans “Toda Una Vida”, six syllabes compressées dans un espace de cinq notes.

KV

Photo de couverture: portalibros.info

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